Les 25 et 26 août 2026, AI Forward Comores a réuni 1 065 personnes. La première journée a ouvert par une matinée de sensibilisation nationale — keynote, panel institutionnel, témoignage d'entreprise, allocution ministérielle — avant de basculer, l'après-midi, sur une masterclass où chaque participant devait repartir avec un livrable produit de sa main.
AI Forward Comores est la première action de terrain issue du diagnostic citoyen posé au Forum de l'IA aux Comores en mars 2026. Elle met en œuvre les deux premiers chantiers retenus pour 2026 : sensibilisation et formation. Les deux volets ne sont pas juxtaposés : la matinée installe la légitimité institutionnelle et le cadre national, l'après-midi transforme l'adhésion en compétence.
Le parti pris pédagogique est explicite : aucune ligne de code, aucun prérequis technique. La compétence visée est vérifiable — non pas ce que le participant a écouté, mais ce qu'il a produit. L'action a été conçue et co-organisée par Naoufad Saandi, Architecte IA, et Youstina Sidi, Experte IA et CEO de Data Consulting KM — tous deux issus de la diaspora comorienne. Keynote, modération du panel et animation des trois sessions de formation : Naoufad Saandi. Animation du jeu interactif national : Youstina Sidi.
Le programme du 25 août a associé l'autorité publique, les régulateurs et agences nationales, le secteur privé télécoms et le monde de la formation. Cette composition n'est pas décorative : elle est la condition qui rend le message transférable au-delà de la salle.
L'après-midi du 25 août et la journée du 26 basculent de la parole institutionnelle à la production individuelle, sur un référentiel unique et deux niveaux d'exigence.
Trois heures ouvertes à tous au Palais du Peuple, retransmises en ligne. L'objectif n'était pas d'impressionner par la technologie, mais de répondre à la question que se posent les jeunes Comoriens, leurs parents et leurs professeurs.
Naoufad Saandi ouvre sur la question d'une génération : « Est-ce que l'IA va détruire le métier que je vise, avant même que je l'exerce ? » La réponse s'appuie sur trois sources publiques — le Forum économique mondial (Future of Jobs 2025, horizon 2030 : 170 millions d'emplois créés, 92 millions détruits), l'Organisation internationale du travail (ce ne sont pas les métiers qui s'effondrent, ce sont les tâches à l'intérieur des métiers qui changent), la Banque mondiale et le PNUD (l'IA peut réduire ou aggraver les inégalités selon l'usage ; dans les deux analyses, la variable qui décide est la formation).
Le propos est ensuite recadré sur la réalité nationale : ici, le diplôme ne garantit pas l'emploi. La vraie question n'est donc pas « mon métier survivra-t-il ? » mais « y aura-t-il un emploi pour moi, tout court ? ». Le récit personnel de l'intervenant — cinq ans, seul, entre l'idée et le lancement de Comores En Ligne en 2018 — sert de démonstration : ce qui manquait aux jeunes porteurs de projet n'était ni l'idée ni le talent, mais l'accès à l'expertise, à la méthode, à l'accompagnement.
« Là où il m'a fallu des années pour réunir des compétences autour de moi, tu peux installer un expert en quelques phrases. »
— Naoufad Saandi, keynote d'ouverture
Soixante minutes sur les opportunités de l'IA en éducation, investissement, entrepreneuriat et emploi, réunissant le secteur privé organisé (CCIA de Ngazidja, ACTIC), l'agence nationale de promotion des investissements (ANPI) et un opérateur d'infrastructure engagé sur le programme RAM de l'UNESCO. Le panel a établi devant le public que le sujet IA est déjà porté par les institutions du pays, et non par un seul acteur.
Comores Telecom, partenaire Gold, a exposé l'impact concret de l'IA dans les télécommunications. La séquence a été délibérément confiée à une direction commerciale plutôt qu'à une direction technique, pour maintenir la démonstration au niveau des usages métier.
Un quiz en direct sur téléphone, animé par Youstina Sidi, experte IA et co-organisatrice de l'action, a fait basculer la salle du statut d'auditoire à celui de participant — sur l'équipement que chacun possède déjà, exactement celui qui servira l'après-midi. C'est le point de bascule pédagogique de la journée.
Trois compétences observables, annoncées en ouverture par le Directeur général de Yas Comores et vérifiées par ce que chaque participant produit — en salle comme en ligne.
La démonstration s'appuie sur un fil rouge unique : Halima, diplômée en sciences de la vie, qui souhaite cultiver des haricots verts et des poivrons à Ngazidja. Le même modèle est sollicité deux fois — formulation naïve, puis formulation cadrée — pour rendre l'écart mesurable devant la salle. Aucune option payante, aucun réglage : seule la consigne change.
Quatre choix structurants font la différence entre une conférence écoutée et une compétence emportée.
Un module entier est consacré aux obligations du participant lorsque son assistant travaille pour des clients, une association ou une administration. Trois réflexes y sont enseignés :
Ce volet répond directement à l'objectif d'usage éthique de l'IA porté par le cadre national.
La formation se conclut par un protocole de sept jours, fondé sur le constat qu'une compétence non utilisée dans la semaine est une compétence perdue : usage réel dès le premier jour, une correction par jour, ajout progressif des informations manquantes, test par un tiers, notation sur vingt, puis décision sur la tâche suivante à automatiser.
« Un assistant à 70 % que tu utilises lundi vaut mieux qu'un assistant parfait jamais terminé. »
— Principe de consolidation
« IA & Marketing : de la consigne experte à l'assistant de veille ». Atelier fermé de trois heures trente, réservé aux équipes de Yas Comores et de Comores Telecom, au Retaj Hotel Moroni.
Là où la journée du 25 août visait l'acculturation de masse, la seconde journée cible la montée en compétence des équipes marketing de deux opérateurs télécoms nationaux — les mêmes entreprises qui ont financé l'ouverture gratuite de la veille. Conception et animation : Naoufad Saandi, Architecte IA — Data Consulting KM.
La méthode traite une contrainte propre au marché national : la rareté de l'information publique. Peu d'acteurs publient des données ; un assistant sans garde-fou comble ce vide par des chiffres plausibles et faux. Les participants travaillent chacun sur leur propre marque : les échanges portent sur la méthode, jamais sur les données.
« Mieux vaut un « je ne sais pas » qu'un chiffre inventé. Sur ce marché, l'absence d'information est une information. »
— Principe de la méthode de veille














Pièces justificatives — sont disponibles sur demande : programme officiel des deux journées, liste des intervenants, supports pédagogiques des trois sessions, listes d'inscription, feuilles d'émargement, exports de plateforme pour la participation à distance et couverture presse.